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Le rapatriement de la 2CC2 3402

Retour à Cham­bé­ry

Les préparatifs

La 2CC2 3402 oubliée à Montluçon.

La 2CC2 3402 oubliée sous la rotonde de Mont­lu­çon.

Sau­vée de jus­tesse pour une éven­tuelle pré­sen­ta­tion au musée du che­min de fer à Mul­house, la 2CC2 3402 fut ache­mi­née au dépôt de Cler­mont-Fer­rand en 197x. Elle y reste pen­dant 10 ans jusqu’à ce que le dépôt soit démo­lie en 19xx. Elle est alors abri­tée au dépôt de Mont­lu­çon où elle sombre dans l’oubli pen­dant 18 ans.

Dès lors que le pro­jet de conver­sa­tion au musée fut aban­don­né, quelques che­mi­nots du dépôt de Cham­bé­ry qui l’ont entre­te­nue et d’autres conduite, ont expri­mé le désir de la rapa­trier en Savoie afin de la conser­ver, res­tau­rer et pour­quoi pas la faire rou­ler à nou­veau en tête de trains spé­ciaux. Durant envi­ron quatre ans, ils se sont bat­tus pour faire valoir qu’une telle loco­mo­tive encore en état très satis­fai­sant devait à n’importe quel prix être sau­ve­gar­dée et res­tau­rée.

Les nom­breuses démarches entre­prises ont abou­ti à une réunion le 20 octobre 2000 pour éta­blir les condi­tions tech­niques et régle­men­taires d’acheminement jusqu’à Cham­bé­ry.

Les points essen­tiels abor­dés concer­naient la loco­mo­tive (rele­vés dimen­sion­nels des organes de rou­le­ment, contrôle des pièces maî­tresses des châs­sis avec répa­ra­tions impé­ra­tives des ano­ma­lies et obli­ga­tion d’accompagnement des agents tech­niques lors du rapa­trie­ment) mais éga­le­ment l’organisation de la cir­cu­la­tion en deman­dant l’avis au bureau des trans­ports excep­tion­nels et essai préa­lable de mou­ve­ment sur les voies de ser­vice de Mont­lu­çon.

 Suite à l’évolution favo­rable du dos­sier (pas de sou­cis par­ti­cu­lier iden­ti­fié), le rapa­trie­ment a été pré­vu pour le dimanche 20 jan­vier 2002 avec report éven­tuel au dimanche sui­vant.

La marche du train a été éta­blie en tenant compte des res­tric­tions sévères impo­sées par la sécu­ri­té.

  • Vitesse limi­tée à 30 km/​h sur tout le par­cours de Mont­lu­çon à Cham­bé­ry avec limi­ta­tion à 10km/​h sur cer­tains appa­reils de voie.
  • Arrêts tech­niques tous les 30 à 40 km pour contrô­ler l’absence d’échauffement des boites d’essieux
  • Croi­se­ment ou dépas­se­ment uni­que­ment à l’arrêt entre Gan­nat et Roanne.

C’est en res­pec­tant toutes ces contraintes que les PC de Cler­mont-Fer­rand, de Lyon et Cham­bé­ry ont éta­bli la marche de rapa­trie­ment sans bien évi­de­ment péna­li­ser les cir­cu­la­tions habi­tuelles.

Vue partielle du convoi tel qu'il se présentera au départ le dimanche à 3h.

Vue par­tielle du convoi tel qu’il se pré­sen­te­ra au départ le dimanche à 3h.

Le rapatriement

Pour trans­fé­rer la 2CC2 un convoi for­mé des 67364 et 67238 enca­drant une voi­ture B5D UIC, est par­ti de Cham­bé­ry le same­di 19 jan­vier 2002 à trois heures du matin avec l’équipe de conduite (Chefs de trac­tion et conduc­teurs un chef de PC tous volon­taires). Arri­vés à Mont­lu­çon à 10h42 ils ont retrou­vé sur place 3 anciens du dépôt de Cham­bé­ry pré­sents depuis le mer­cre­di pour par­faire les der­niers pré­pa­ra­tifs. Le convoi du retour a été for­mé dans l’après-midi avec au départ de Mont­lu­çon le 67238, la 2CC2, la voi­ture B5D et le 67364 en queue. Vers 18h le convoi a rejoint la gare prêt pour un départ à 3h00 le dimanche dans les horaires théo­riques sui­vants Mont­lu­çon 3h00 ; Lapey­rouse 4h07/​22 ; Gan­nat 5h40/​6h20 ; St >Ger­main des Fos­sés 7h/​1030 (rebrous­se­ment) ; Roanne 9h4812h30 ; Feurs 13h57 ; St Etienne 15h25 16h40 ; Rives de Giers 17h25/​18h38 ; Chasse sur Rhône 19h16 ; Lyon-Guillo­tière 20h00 00h50 St André-le-Gaz 2h55/​3h10 pour arri­ver à Cham­bé­ry à 4h55. Tous les arrêts pres­crits d’au moins un quart d’heure impo­saient un contrôle des boites d’essieux, ceux supé­rieurs au quart d’heure cor­res­pondent à des garages afin de n’engager le convoi que dans des sillons horaires libres et impor­tants pour ne pas gêner les cir­cu­la­tions com­mer­ciales vu la faible vitesse impo­sée à la 2CC2. Ces arrêts étaient mis éga­le­ment à pro­fit pour le contrôle des boites d’essieux. Le sta­tion­ne­ment à Lyon a pu être réduit et notre 2CC2 est fina­le­ment arri­vée à Cham­bé­ry à 2h55 soit après un par­cours de 24h durant lequel aucun inci­dent ni chauf­fage de boite n’est venu contra­rier le rapa­trie­ment.
Gare de Feurs. Belle vue d'ensemble du convoi.

Gare de Feurs. Belle vue d’en­semble du convoi.

Pour célé­brer cet évè­ne­ment, une céré­mo­nie avait été orga­ni­sée le 11 mai 2002 après midi, sous la rotonde du dépôt de Cham­bé­ry. La machine paré des dra­peaux fran­çais et de la Savoie fut pous­sée par la CC 6558. S’il devait y avoir une machine pour effec­tuer ce tra­vail, c’é­tait bien elle, cela n’au­rait pas eu de sens d’employer une 7200 ou un autre engin.

Après sa ren­trée, des petites prises de paroles eurent lieu par dif­fé­rents inter­ve­nants : Mr De Tes­sieres Direc­teur de la Région SNCF de Cham­bé­ry qui dit son bon­heur de voir ce témoin du pas­sé retrou­ver sa rotonde, puis Mr Ras­sat Direc­teur de l’E­ta­blis­se­ment trac­tion régio­nal de la région de Cham­bé­ry qui fit un des­crip­tif tech­nique de la machine.

Ensuite il y eu l’in­ter­ven­tion de Mr Bou­vard Dépu­té et Mme Laclais Pre­mière adjointe au Maire de Cham­bé­ry. Vint ensuite l’in­ter­ven­tion de Georges Jen­ny qui retra­ça le rapa­trie­ment de la 2CC2 de Mont­lu­çon à Cham­bé­ry les 20 et 21 jan­vier der­nier. Et enfin Fran­çois Cop­pa par­la de l’a­ve­nir de cette machine à Cham­bé­ry ; son désir de voir une asso­cia­tion se consti­tuer pour res­tau­rer la 2CC2 3402. De là naquit l’APMFS.

Texte Phi­lippe-Louis Marc et Michel Saba­ti­ni.

Vidéo sur le rapa­trie­ment et la res­tau­ra­tion de la 2CC2 3402