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Description technique des 2CC2 3400

L’antre du monstre

La caisse mono­bloc repose sur deux bogies por­teurs à chaque extré­mi­té par l’intermédiaire de pivots sphé­riques et de sup­ports laté­raux. La motri­ci­té est assu­rée par deux bogies moteurs (appe­lé aus­si « Truck ») dont cha­cun est consti­tué de trois essieux moteurs avec leurs doubles moteurs dit « sus­pen­dus ». Les deux « Trucks » sont cou­plés entre eux au moyen d’une arti­cu­la­tion sphé­rique afin que la caisse n’ait pas à trans­mettre d’efforts de trac­tion. La dif­fu­sion du couple des moteurs aux essieux est trans­mis par une roue den­tée uni­la­té­rale fixée sur un sys­tème bien connu chez Oer­li­kon : l’arbre creux (voir figure). La liai­son aux roues s’opère par le sys­tème à biel­lettes élas­tiques.

Schéma latéral d'une 2CC2 3400
Plan de coupe d'une 2CC2 3400

La caisse contient un grand com­par­ti­ment cen­trale avec aux extré­mi­tés les 2 cabines de conduite. Elles sont reliées entre elles par deux cou­loirs laté­raux.

Le bloc cen­tral, dont le toit et les parois sont amo­vibles, contient tous les équi­pe­ments élec­triques.

La plu­part de ces appa­reils, ain­si que les che­mins de câbles, sont mon­tés sur un plan­cher sur­éle­vé en tôle, qui est bor­dé sur les côtés par deux poutres lon­gi­tu­di­nales qui longent la qua­si-tota­li­té de la hau­teur du cais­son.
Tous les équi­pe­ments non dan­ge­reux, tels que les tableaux de relais, les bat­te­ries (72Vcc), les groupes com­pres­seurs et ven­ti­la­teurs, sont acces­sibles par l’un des deux cou­loirs.
L’autre cou­loir laté­rale (celui-ci ver­rouillé par sécu­ri­té), contient l’ensemble de l’appareillage haute ten­sion. Il contient en effet tous les contac­teurs de puis­sances pour l’alimentation des moteurs de trac­tion.
L’alimentation se fait grâce à deux pan­to­graphes. De plus la cap­ta­tion du cou­rant pou­vait se faire par le biais de quatre paires de patins de contact (aus­si appe­lé « frot­teurs ») venant en contact avec le troi­sième rail. Ces patins sont fixés sur une poutre posée sur les bogies por­teurs de chaque côté de la loco­mo­tive.

Les six moteurs de trac­tion sont des moteurs doubles Oer­li­kon de type MB Z660. Double car ils sont consti­tués de deux induits dans une car­casse com­mune. Ils sont hexa­po­laires avec six lignes de porte balais à trois char­bons par ligne.
Grâce au grand nombres d’induits on peut astu­cieu­se­ment réa­li­ser 4 cou­plages : Série, Série-Paral­lèle, Paral­lèle – Série et Paral­lèle :

  • Cou­plage Série : 12 moteurs en série.
  • Cou­plage Série-paral­lèle : 6 moteurs en série, 2 branches en paral­lèle.
  • Cou­plage Paral­lèle Série : 4 moteurs en série, 3 branches en paral­lèles.
  • Cou­plage Paral­lèle 3 moteurs en série, 4 branches en paral­lèles
De plus, nous avons aus­si deux crans de shun­tage (30% et 45%) à chaque fin de cou­plage offrant une sou­plesse de marche excep­tion­nelle ! Le sens de rota­tion des moteurs est com­man­dé par deux inver­seurs ver­ti­caux à action­ne­ment élec­tro-pneu­ma­tique trois posi­tions AV-0-AR. Il convient éga­le­ment de noter que l’ensemble de l’équipement est élec­tri­que­ment divi­sé en deux par­ties : A ou B. En cas de dys­fonc­tion­ne­ment d’un des appa­reils prin­ci­paux (tel qu’un moteur de trac­tion, un inver­seur ou une résis­tance de démar­rage), seul la par­tie A, ou la par­tie B peut être uti­li­sée. La com­mu­ta­tion s’effectue au moyen d’un sec­tion­neur d’isolement action­né par le conduc­teur en cas d’incident. La loco­mo­tive n’étant pas pour­vue de dis­jonc­teur comme les machines moderne la sécu­ri­té est assu­rée par dif­fé­rent dis­po­si­tifs appe­lés « relais ». Ces pro­tec­tions contre une uti­li­sa­tion exces­sive du maté­riel élec­trique com­portent : un relais maxi­mum BT, un relais de mini­mum BT, relais maxi­mum HT et sur­tout les 4 relais de sécu­ri­té pour les dif­fé­rents cou­plages des moteurs élec­triques. Enfin les auxi­liaires, com­prennent :
  • Deux groupes de ven­ti­la­teurs pour la ven­ti­la­tion et refroi­dis­se­ment des moteurs de trac­tion d’une puis­sance de 16ch sous 1500V d’un débit de 339m3/​min.
  • Deux groupes de com­pres­seurs « jour­dain-Mon­ne­ret » CB4 cha­cun refou­lant 1200 l/​min d’admission d’air en sur­pres­sion. Il est à noter que le fonc­tion­ne­ment des auxi­liaires per­mettent aus­si la régu­la­tion de la charge bat­te­rie.

Ce texte est issu de l’ar­ticle d’A. Her­ger paru dans la Revue Poly­tech­nique Suisse de juin 1929, adap­té par Raphaël Tosin de l’APMFS.