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CC 20001 (ex CC 6051)

La grand-mère

CC 20001 à Cluses

Présentation du prototype

Contrai­re­ment à l’expression par­fois employée de « CC 20000 », il ne s’agit pas d’une série homo­gène. Les CC 20001, CC 20002, BBB 20003, et les BB 20004 à 20006 sont six pro­to­types uniques, conçus et construits pour vali­der en condi­tions réelles la trac­tion élec­trique en 25 kV – 50 Hz. À la sor­tie de la Seconde Guerre mon­diale, la SNCF cherche à élec­tri­fier rapi­de­ment son réseau en s’appuyant sur le cou­rant indus­triel, solu­tion éco­no­mi­que­ment attrac­tive mais tech­ni­que­ment encore incer­taine pour la trac­tion fer­ro­viaire. Les deux loco­mo­tives sont donc conçues comme de véri­tables labo­ra­toires rou­lants, per­met­tant d’expérimenter dif­fé­rentes solu­tions de moto­ri­sa­tion, de com­mande et d’équipements élec­triques.

Les essais menés avec ces pro­to­types, notam­ment sur des lignes alpines aux pro­fils exi­geants, per­mettent d’évaluer le com­por­te­ment du maté­riel en exploi­ta­tion réelle, d’en mesu­rer les per­for­mances, mais aus­si d’en iden­ti­fier les limites. Les ensei­gne­ments tirés de ces expé­ri­men­ta­tions abou­tissent à la défi­ni­tion d’une archi­tec­ture tech­nique sta­bi­li­sée, suf­fi­sam­ment fiable pour une uti­li­sa­tion régu­lière.

Sur cette base est alors construite une petite série de loco­mo­tives stric­te­ment iden­tiques à la CC 20001, les CC 25000 (25001 à 25009). Ces machines consti­tuent la pre­mière appli­ca­tion indus­trielle abou­tie des solu­tions vali­dées par les pro­to­types. Elles assurent pen­dant de nom­breuses années des ser­vices voya­geurs et mar­chan­dises, prin­ci­pa­le­ment en Savoie et sur les lignes de mon­tagne, démon­trant la per­ti­nence du 25 kV – 50 Hz pour la trac­tion lourde.

Le pro­gramme illustre ain­si la démarche pro­gres­sive de la SNCF : pro­to­types uniques pour expé­ri­men­ter, puis série courte pour exploi­ter, ouvrant la voie au déve­lop­pe­ment ulté­rieur de séries plus nom­breuses et à la géné­ra­li­sa­tion du 25 kV sur le réseau fran­çais.

Année de construction

km/​h

mètres

tonnes

ch sous 25000 V

ch sous 1500 V

Détail frontal de la CC 20001 (photo L. Mollard).
Détail frontal de la CC 20001 (photo L. Mollard).
Détail frontal de la CC 20001 (photo L. Mollard).

Spécifications techniques de la CC 20001

Diagramme de la CC 20001 ex CC 6051
  • Ali­men­ta­tion : 1500 V conti­nu et 25000 V alter­na­tif
  • Puis­sance : 3420 ch en 25000 V et 430 ch en 1500 V
  • Pan­to­graphes : 2 de type GM puis MT
  • Effort de trac­tion maxi­mal d’environ 270 kN
  • Masse à vide : 104 t
  • Lon­gueur totale : 17,25 m
  • Nombre de moteurs : 6
  • Type de moteurs : direct type 16 WB 880
  • Nombre de machine construite : pro­to­type unique
  • Date construc­tion : 1950
  • Construc­teur de la par­tie élec­trique : Oer­li­kon 

La CC 20001

Carrière à la SNCF

Mise en ser­vice le 16/​10/​1950, la CC 20001 assure une longue car­rière d’essais puis de ser­vice sur l’étoile de Savoie, deve­nant la der­nière sur­vi­vante du pro­gramme. Au fil des années, elle reçoit notam­ment des pan­to­graphes GM puis MT. Après 2 438 556 km, elle cesse de cir­cu­ler, est mise en attente d’amortissement le 24/​04/​1980, puis radiée le 31/​12/​1980 suite à un coup de feu au niveau de l’ap­pa­reillage élec­trique.

Après la SNCF

Après son départ de Cham­bé­ry, la CC 20001 est garée à Cler­mont-Fer­rand puis à Mont­lu­çon en vue d’une res­tau­ra­tion pour le musée de Mul­house, avant de som­brer dans l’oubli. En 1999, La Roche-sur-Foron pro­pose de l’accueillir comme monu­ment après remise en état. Ache­mi­née à Sot­te­ville, elle se dégrade for­te­ment, puis reste blo­quée à Cham­bé­ry lors d’un mou­ve­ment social. Le pro­jet aban­don­né, la SNCF confie fina­le­ment la loco­mo­tive à l’APMFS en jan­vier 2005.

A l’APMFS

La res­tau­ra­tion de la CC 20001 débute le 19 novembre 2005 par son entrée aux ate­liers d’Oullins. Les tra­vaux portent sur le gre­naillage et la reprise de la tôle­rie, l’application d’une pro­tec­tion époxy, la remise en pein­ture, la révi­sion des pan­to­graphes et la remise en état par­tiel de l’appareillage élec­trique et des câblages. Les tra­vaux sont ache­vés par­tiel­le­ment au prin­temps 2006. Voir ci-des­sous pour la suite de la réno­va­tion élec­trique.

Repor­tage sur sa réno­va­tion à venir

Evo­lu­tion de la CC 20001 à l’aide d’un loco­trac­teur élec­trique télé­com­man­dé sous la rotonde de Cham­bé­ry le 22-11-2025 (vidéo A. Guyon).

Inverseur de la CC 20001 (photo M. Moulin).

Projet de rénovation

Mal­gré sa remise en pein­ture, les tâches sui­vantes res­tent à accom­plir pour que la CC 20001 soit auto­ri­sée à trac­ter des trains sur le réseau fer­ré natio­nal notam­ment :

  • xxx

Il ne sera pas pos­sible de la faire rerou­ler en 25000 V  car le trans­for­ma­teur xxx contient de l’a­miante ce qui n’est plus auto­ri­sé.

 

Ces tra­vaux seront sui­vis par le long pro­ces­sus d’admission à cir­cu­ler sur le réseau fer­ré natio­nal.

Comment nous aider à préserver ce patrimoine ?

Il vous est pos­sible de nous aider de diverses façons : maté­riel, humaine, finan­cière, …